Histoire de la SBR

C’est à Guy Perrier d’Arc que revient l’idée de regrouper les confrères qui avaient suivi des cours sur la « méthode bioprogressive de Ricketts ». À la suite d’une réunion organisée le 19 novembre 1972 durant la « petite session » de la S.F.O.D.F., à la Faculté de Montrouge, un Bureau Provisoire était constitué.

Les fondateurs ne s’étaient pas trompés puisque nous pouvons constater aujourd’hui que de très bons résultats ont été obtenus.
Les statuts, rédigés avec le concours de Jacques Barbary, furent [[publiés au journal officiel du 11 mai 1973, la « Société Ricketts » était née.

Ce même mois de mai le premier BULLETIN simple organe de liaison au début, entre les différentes régions paraissait grâce à l’amabilité de Martin P. Hamilton, directeur de la Rocky Mountain Products C° France.
Ce « bulletin » de quelques feuillets, augmentant au cours des ans, a pris de l’importance pour devenir « L’orthodontie Bioprogressive ».

C’est une véritable « Orthodontic Philosophy », selon le titre du manuel fourni, qui est enseignée aux premiers participants. Il s’agit de proposer une méthode de gestion du raisonnement diagnostic et thérapeutique : mécanique avec l’intégration des fonctions et de la croissance, visualisation des objectifs de traitement, sans esquiver l’organisation de la pratique au fauteuil.

Une « méthode globale » de l’apprentissage de l’orthodontie qui doit répondre aux 3 fameuses questions :

  • What ?
  • Why ?
  • How ?

La France orthodontique de ces années soixante voit la consécration des conceptions de Tweed, importées par R. X. O’Meyer, qui ouvre l’ère de l’orthodontie moderne, malgré des valeurs diagnostiques et des moyens mécaniques contestables.

L’edgewise supplante les appareils amovibles, mais déjà des dissidences se font jour avec l’apparition du concept des « forces légères » et la naissance de la technique de Begg. La nouveauté de la pensée de Ricketts est une bombe dans ce paysage mécaniste. Elle demeure encore révolutionnaire aujourd’hui.

Rappelons ce que le Président J. Philippe rapportait dans le premier éditorial de notre « Bulletin ». Il écrivait :

Présentation de la Société

La Société Ricketts est fondée.
Elle est née de la réunion d’une cinquantaine d’orthodontistes qui, ayant compris quelle est la meilleure méthode orthodontique actuelle, veulent l’approfondir, suivre son évolution, et la diffuser.
Si chacun de ces praticiens goûte la fierté et le plaisir de travailler selon la technique la plus récente, et si leurs patients peuvent bénéficier de ses avantages, c’est grâce au dynamisme et à l’enthousiasme d’un homme Carl F. Gugino.

En 1966 un jeune praticien américain, dont le cabinet est pourtant en pleine expansion, accepte de passer plusieurs semaines en France.

Il y est inconnu, il n’a pas de titres universitaires, ses propos sont accueillis avec méfiance et il est tout juste indemnisé de ses frais. Mais il convainc. Et il revient, poussé par l’incoercible désir de faire partager sa foi dans la méthode de son maître, le Dr Ricketts, et par sa passion de l’orthodontie. Derrière le coup de pince du praticien il y a l’ardeur de l’évangéliste. Nous lui devons une immense reconnaissance.

Au prochain Congrès International de l’A.D.F, Carl Gugino sera à l’honneur : c’est le moins que lui devaient les praticiens français.

On pourrait appliquer à l’orthodontiste cette phrase de Goethe : « bien savoir et bien faire une seule chose prouve un plus haut développement que d’en faire à demi une centaine ».

C’est pour nous aider à bien savoir et à bien faire qu’est née la Société Ricketts qui rassemble ceux que C. Gugino a formés, directement ou indirectement.

Les cours sont toujours trop brefs et beaucoup d’entre nous ressentent le besoin d’affermir leurs connaissances, le désir de confronter leurs diagnostics ou leurs plans de traitement au sein d’un groupe restreint où chacun participe activement à la discussion. C’est le type d’échanges de vue que ne permet plus la S.F.O.D.F. du fait de son importance numérique, et c’est pourquoi nous avons adopté la formule des groupes régionaux.

Quant aux questions d’intérêt commun (relations avec la « Foundation for Orthodontic Research etc…) il fallait
choisir entre les réunions nationales fréquentes ou l’information à domicile.
Nous avons opté pour le bulletin, lien amical, commode et, espérons-le, efficace.

La Société est lancée. Souhaitons lui bon vent, mais sachons qu’elle n’avancera que du souffle de chacun de nous.

J. Philippe.

Depuis, la passion n’a pas faibli. Au départ, des cours sont organisés quatre fois par an, toujours animés par Carl Gugino accompagné de Michel Delamaire, interprète aussi bien de la langue que de la pensée de ce praticien.

Les dirigeants des « Régions » réunissent trois fois par an, pendant une ou plusieurs journées, leurs sociétaires pour des cycles de formation continue où tous les sujets concernant les rapports de l’ODF et des autres disciplines de l’Art Dentaire sont abordés par des spécialistes et des universitaires.

Les « Journées Nationales » de notre Société se tiennent pendant deux ou plusieurs jours, tous les deux ans, dans chacune des Régions qui la compose ou quelquefois dans les territoires d’Outremer, Guadeloupe, Martinique, ou, à l’étranger l’île Maurice, par exemple, en 1988.
Depuis d’autres pays ont reçu notre Société. C’est en regardant le passé que nous pouvons mesurer le chemin parcouru. Les différentes régions, après s’être structurées chacune à leur façon, ont poursuivi les mêmes buts : faire connaître la méthode bioprogressive et la promouvoir.

Nous pouvons affirmer qu’elles y sont parvenues. Car, contrairement aux esprits chagrins qui voudraient la faire passer pour une technique facile et incomplète, pour ceux qui la pratiquent comme elle leur a été enseignée, elle a les mêmes exigences de base que les autres et en fait demande beaucoup plus.

Parce que les Dr. Ricketts et Gugino ont toujours insisté, pour la pérennité des résultats, sur la qualité des fins de traitement en insistant naturellement sur le meilleur engrènement des cuspides des dents des secteurs latéraux, mais aussi sur la rééducation des différentes fonctions, pour répondre à la logique et à la cohérence du « concept bioprogressif ».

N’oublions pas que cette méthode est une des rares techniques fixes qui peut être appliquée en denture mixte, ce qui ne nous paraît pas négligeable.

Et le plus important, sans doute, est encore la faculté du concept bioprogressif d’intégrer les avancées thérapeutiques qui apparaissent et donc de coller à l’évolution de l’orthodontie car il est dépourvu de ces rigidités qui créent les ankyloses.

Enfin, si nous étions cinquante praticiens lors de son baptême, nous nous retrouvons près de sept cents aujourd’hui.

Quel meilleur satisfecit pour les Présidents J. Philippe, G. Perrier d’Arc, M. Bonnerot, M. Delamaire, A. Béry, Cl. Chabre, D. Rollet, F. Bazin et E. Lejoyeux qui ont inspiré les idées, les membres du Conseil d’administration qui les ont concrétisées, sans oublier « les actifs », et nos amis disparus, tous ont contribué au fil des années à faire de la Société Bioprogressive Ricketts la deuxième des sociétés orthodontiques de France.

L. Chavand et B. Terk
anciens responsables du « Bulletin »

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