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Edito du président





Jusqu’alors, écrire un édito était un moment agréable. L’occasion de vous faire partager la vie de notre société : raconter les congrès passés, annoncer ceux à venir, décripter les réunions de la SBR et de la FFO et en dégager les impacts directs pour les adhérents. Vous tenir informés de l’évolution de notre spécialité à travers l’internat, exposer le débriefing de la semaine du typodont inter-universitaire national des internes, remercier toutes les personnes qui se dévouent pour que notre société reste leader dans le monde orthodontique…

Aujourd’hui, un énorme versant de l’Histoire de notre société s’effondre. En un été, nous avons perdu deux hommes qui ont profondément marqué de leur empreinte la SBR, en général, et ma personne en particulier.

Julien Philippe, mon idole, nous a quittés au mois de Juillet à la suite d’une maladie foudroyante. Des signes de fatigue avant-coureurs nous faisaient craindre cette disparition puisqu’il n’avait pu se joindre à nous à l’occasion de notre congrès à Chantilly. Je suis d’autant plus heureux et fier d’avoir créé le prix Julien Philippe au congrès précédent, à Toulouse, et qu’il soit venu le remettre en personne. On ne créait
alors des prix qu’à titre posthume, c’est désormais de l’Histoire ancienne. Quel bonheur, quelle émotion de voir monter sur l’estrade un homme admiré de tous remettre un trophée portant son nom à une nouvelle génération qui a lu tous ses livres et cité son nom dans toutes ses copies d’examen !
Je n’avais vraiment fait sa connaissance qu’à cette occasion. C’est pourquoi j’ai demandé à Édith Lejoyeux de vous livrer son expérience, elle qui l’avait rencontré dès son début de carrière et ne l’avait plus quitté tant elle l’admirait. J’en profite pour la remercier encore une fois pour tout le travail qu’elle fournit inlassablement.

Puis, avec le mois d’Août, c’est le départ en vacances, la peine commence à s’estomper, on ne pense plus au travail, ni même aux journées de Marseille de septembre prochain (honte à moi !). Quand ce dimanche 13 Août, Danielle Deroze m’appelle : il doit y avoir un gros problème pour Marseille, me dis-je. Mais non,“tu es au courant pour Daniel Rollet ?”. Des larmes m’envahissent, je m’assieds et elle me raconte. Je
n’y crois pas, ce n’est pas possible ! Daniel, si jeune, si dynamique, si immortel ! Daniel, mon père spirituel, m’a ouvert la voie, été mon protecteur, transmis tout son savoir, son iconographie, son énergie, son enthousiasme. ll m’a accueilli à Pontarlier dans sa maison, son cabinet, m’a appris à enseigner la méthode
bioprogressive. Mon enseignement est basé sur les conceptions de Daniel presque plus que sur celles de Ricketts ! C’est lui qui a réussi à mettre en place l’Electrodont que le monde universitaire nous a envié lors du séminaire inter-universitaire annuel réservé aux internes.

C’était le plus universitaire de tous. Il se déplaçait bénévolement dans toutes les facultés qui le sollicitaient, répondait inlassablement à toutes les questions avec ferveur, précision, passion et ne lâchait l’affaire qu’une fois qu’il avait convaincu son interlocuteur ! Il ne prêchait pas qu’en France, faut-il ajouter, mais aussi en Italie ou au Japon où la philosophie est largement diffusée ainsi que dans toute l’Asie d’où il revenait tout juste avant d’aller se reposer en Espagne. Et il gardait encore du temps pour pratiquer le golf ! C’était un redoutable matcheur qui, comme dans la vie, ne lâchait rien ! On ne dit jamais suffisamment qu’on aime, qu’on admire, la timidité, la gêne, la pudeur nous retiennent. Et pourtant, toutes mes conférences, depuis que je connais Daniel, commencent avec une photo de Julien Philippe et une de Daniel Rollet. J’aurais au moins fait ça pour leur montrer qu’ils comptaient beaucoup pour moi.

Vous lirez ces lignes alors que les Journées d’Excellence de Marseille seront passées. J’espère que vous serez venus nombreux rendre hommage à Daniel. Je remercie paravance le bureau du Sud-Est d’avoir pris l’initiative d’organiser ces premières Journées et plus particulièrement Danielle Deroze et Jean Lacout
(que ceux que je ne nomme pas me pardonnent). Les journées de 2018 sont déjà pratiquement bouclées par Patrick Guezenec à Saint-Malo. Je n’ai pas le coeur de m’étendre ou de parler des autres sujets. Au moment où j’écris ces lignes, nous nous préparons à partir à Pontarlier pour assister aux obsèques de Daniel où je présenterai toutes mes condoléances au nom de la SBR à Corinne, sa compagne, ainsi
qu’à toute la famille.

Je vous souhaite à tous de profiter des bons moments de la vie, de les savourer,
de les fêter, de montrer votre amour aux gens que vous aimez, votre
amitié à vos amis.

La vie est belle !

Carpe Diem
Maxime Rotenberg

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